SOGI+
En partenariat avec Le séminaire SHACAL

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Faces cachées a assisté à la conférence de l’anthropologue afroféministe décoloniale Ochy CURIEL (Université nationale de Colombie) intitulée :

 

« Actualités et apories du féminisme décolonial d'Abya Yala aujourd'hui »

 

Un évènement coorganisée par le séminaire SHACAL et Sémioses politiques du corps et le Laboratoire d'études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie (LLCP, Paris 8), le 25 février 2022 à l’Université de Chicago à Paris.

 

La conférence était suivie d’une table-ronde avec :

L'atelier GeLemFat (Genre et féminismes dans les Amériques Latines)

Jules Falquet, Philosophe | LLCP – Paris 8

Capucine Boidin, Anthropologue | IHEAL-USN, CREDA UMR 7227

Miriam Grossi, Anthropologue | Université Fédérale de Santa Catarina

Guillaume Sibertin-Blanc, Philosophe | LLCP – Paris 8

 

Ochy Curiel est une militante féministe décoloniale dominicaine, anthropologue et musicienne, qui s’attache à penser les concepts de colonialité, de race et de genre à partir de sa position de lesbienne afro-descendante latino-américaine. Réfutant l’opposition sexe biologique / genre construit, se méfiant des essentialisations (comme la notion de « femmes ») et des identités (lorsqu’elles deviennent des fins en soi), Ochy Curiel avance qu’il est « plus important d’être antiracistes que d’être orgueilleusement noires, d’être féministes que de nous reconnaître femmes, d’en finir avec le régime de l’hétérosexualité que d’être lesbiennes ».

 

L’invitation de cette anthropologue s’inscrivait également autour de la publication de son ouvrage « Un golpe de estado: la sentencia 168-13 » (Departamento de Antropología, Universidad Nacional de Colombia, 2021) dont voici le résumé :

Dans une anthropologie historique et dans une perspective décoloniale, cet article examine les circonstances politiques, sociales et économiques qui ont donné lieu à la promulgation de la sentence 168-13 émise par la Cour constitutionnelle et qui ont dénationalisé des milliers de Dominicains d'origine haïtienne en République dominicaine en 2013, leur causant un génocide civil, une nouvelle forme de racisme institutionnel, qui s'inscrit dans la continuité du racisme d'État anti-haïtien de longue date que les élites dominicaines ont entretenu dans la consolidation d'un projet national eurocentrique, blanc et hispanophile.

 

Ah, au fait, pourquoi le film s'intitule-t-il SOGI+? SOGIE est l'abréviation de Sexual Orientation, Gender Identity, and gender Expression, que l'on peut traduire par Orientation sexuelle, identité de genre et expression du genre. SOGI+, c'est donc en prévision d'aller encore plus loin que l'expression, sur le modèle de LGBTQI+! (merci Pierrette:)

 

Nous ne pouvons pas terminer cette présentation sans mentionner la traduction en direct réalisée par la Pr. Jules Falquet, littéralement scotchante!